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Le Sinaï

Le Sinaï, lieu de refuge, de conflit et de curiosité depuis des millénaires, est une région d'une beauté inouïe. Sous les pharaons, ses carrières contenaient d'énormes quantités de turquoise, d'or et de cuivre. Les Hébreux auraient traversé ce "vaste et terrible désert" en quête de la Terre promise, et c'est du sommet du mont Sinaï que Moïse aurait reçu de Dieu les Dix Commandements.
Coincé entre l'Afrique et l'Asie, bordé au nord par la Méditerranée, à l'ouest par le canal de Suez et à l'est par la mer Rouge, il offre une multitude de contrastes : montagnes arides et rougeoyantes cernées de plateaux désertiques, côtes bordées de palmiers, dunes et marécages, récifs de corail...
Vous pourrez y effectuer des safaris à dos de dromadaire, des plongées sous-marines, des randonnées dans des oasis secrètes et découvrir, au pied du mont Sinaï, le monastère Sainte Catherine. Un ordre monastique grec orthodoxe fut fondé au IVe siècle av. J.-C. par l'impératrice byzantine Hélène, qui fit construire une petite chapelle près du lieu supposé du Buisson ardent. C'est l'empereur Justinien, au VIe siècle de notre ère, qui fonda le monastère, dédié à la martyre légendaire d'Alexandrie, au cour d'une forteresse qui devait servir de refuge aux chrétiens du Sinaï. Vingt-deux moines y résident encore de nos jours. On peut y voir une très belle collection d'icônes ainsi que des manuscrits uniques au monde.

   

Le cap de Ras Mohammed

A l’extrême sud de la péninsule du Sinaï, le cap de Ras Mohammed, où les golfes d’Aqaba et de Suez rencontrent la mer Rouge, a été transformé en parc national. Même si vous n’êtes pas particulièrement amateur de sports sous-marins, il vaut la peine de scruter l’abîme depuis ce précipice du bout du monde. Les adeptes de la plongée autonome ou avec tuba pourront choisir entre plus de 1000 espèces de poisson (à regarder ou photographier, pas à pêcher), quelque 150 variétés de corail et des fossiles marins vieux de 75000 à 2 millions d’années. Le personnel du parc vous aidera à sélectionner les meilleures criques, baies et plates-formes d’observation au sommet des collines, ces dernières équipées de télescopes.
Vous vous contenterez peut-être de patauger dans l’eau peu profonde – sur fond de sable fin – et d’admirer un poisson-perroquet ou un poisson papillon. Le poisson-perroquet doit son nom à sa gueule en forme de bec, de couleurs vives: vert et bleu. Contrairement aux perroquets, il peut passer du sexe femelle au sexe mâle, changeant alors de couleur et ajoutant quelques bandes rouges à sa queue. Les poissons papillon, brillamment colorés de bandes noires, or et argent ont des flancs étroits leur permettant de se glisser dans les anfractuosités du corail. Parmi les poissons les plus spectaculaires que vous pourrez apercevoir figurent l’angelot empereur bleu et jaune, nageur émérite à l’air hautain et le poisson souffleur au gros nez hérissé d’épines, qui se gonfle jusqu’à atteindre deux fois sa taille pour effrayer ses ennemis.
L’un des attraits majeurs du parc est sa mangrove tropicale, que l’on trouve rarement aussi au nord, et qui abrite de nombreux oiseaux migrateurs, cigognes, buses et balbuzards pêcheurs.
Et qui sait, peut-être apercevrez-vous l’une des sirènes qui, selon les Bédouins, viennent parfois au clair de lune rêver dans cet endroit magique.

  

Monastère de Sainte-Catherine

Ce monastère mondialement célèbre, niché au pied du Djebal Moussa (Montagne de Moïse 1570 m) se dresse sur le site où Moïse aurait vu le buisson ardent. Il est dédié à Catherine d’Alexandrie, femme cultivée qui refusa d’épouser l’empereur Maxence, répondant qu’elle devait fidélité au Christ. Ne supportant pas l’outrage, Maxence lui fit subir le supplice de la roue et elle fut ensuite décapitée.
L’empereur byzantin Justinien fonda le monastère au VIe siècle. Cependant, des ermites occupaient déjà le site au IIIe siècle, dans une pauvre retraite appelée Kalayat. L’impératrice Hélène, mère de Constantin, fit ériger au IVe siècle une petite église fortifiée, protection contre les attaques des Bédouins. Mais les moines n’étaient pas à l’abri des pillards et Justinien fit construire un rempart défensif en 527, qui les protégea jusqu’au milieu du XIe siècle.
A certaines époques, le monastère abrita jusqu’à 400 moines de toutes les confessions chrétiennes. Aujourd’hui, la communauté ne compte plus que 50 personnes, et plus de la moitié d’entre elles s’occupent des propriétés extérieures du monastère, comme à Chypre et en Grèce.
Le monastère regroupe un grand nombre de bâtiments différents. A l’entrée, près de la double tour ronde, le premier que l’on voit est la basilique du VIe siècle. Elle possède deux magnifiques portes en bois de cèdre sculpté, des icônes, des peintures et des mosaïques de toute beauté. Deux fentes ont été pratiquées dans le plafond, afin que le soleil illumine l’intérieur à certaines périodes bien précises.
Les mosaïques de la basilique sont son plus grand trésor; elles datent de sa fondation. Dans celle de la coupole, on voit le Christ transfiguré, avec Elie et Saint Jean à sa gauche et Moïse et Saint Jacques à sa droite. Saint Pierre est agenouillé devant eux. Sur la voûte de l’abside figure Moïse, à gauche, retirant ses sandales devant le Buisson Ardent, et à droite, recevant les Dix Commandements.
Derrière l’abside se trouve la chapelle du Buisson Ardent. Selon la Bible, Moïse entendit la voix de Dieu sortir d’un buisson en feu, et un autel couvert de médailles d’argent et d’icônes commémore l’endroit.
La châsse de Sainte-Catherine se dresse à droite du maître-autel. La tradition rapporte que la sainte fut martyrisée à Alexandrie au IVe siècle. Dans le courant du IXe siècle, son corps – absolument intact – fut découvert par des moines sur le Djebel Catherine, le plus haut sommet du Sinaï (2 637 m). Le monastère du Sinaï prit ainsi le nom de Sainte-Catherine.
Juste en face de l’entrée de la basilique, le visiteur a la surprise de trouver une mosquée et son minaret, datant du XIIe siècle. Anciennement une auberge pour les pèlerins du monastère, elle fut transformée lorsque le sultan égyptien d’alors décida que pour des raisons d’égalité religieuse, il fallait un lieu de culte musulman sur le site. Haut de trois étages, le beffroi tout proche est un présent de l’Eglise orthodoxe russe datant du XIXe siècle. Quartiers d’habitation et pièces d’apparat s’adossent aux remparts, séparés par une antique porte des ailes réservées aux hôtes, de la bibliothèque, des magasins et des communs. Ne manquez pas le réfectoire et sa fresque du XVIe siècle représentant le Jugement Dernier.
Le joyau de la célèbre bibliothèque du monastère était le Codex Sinaïticus, qui remonte au IVe siècle. Un professeur de théologie de Leipzig le découvrit en 1844 et il se trouve aujourd’hui à Londres. La galerie abrite plus de 2000 icônes, certaines d’un prix inestimable. Une autorisation spéciale est nécessaire pour visiter bibliothèque et galerie; on l’obtient généralement en écrivant à l’avance.
Mais le jardin est ouvert à tous, fraîche oasis d’ombre et de calme sous les arbres fruitiers, les oliviers et les cyprès. Si vous le désirez, vous pouvez visiter l’ossuaire contenant des centaines de crânes et d’ossements de moines. Vous reconnaîtrez aisément les archevêques: leur privilège est d’être inhumés avec leur squelette intact. L’un d’eux, un anachorète du VIe siècle, porte encore son habit monastique.
Pour compléter votre visite de Sainte-Catherine, il vous faut absolument gravir la Montagne de Moïse. La controverse entre érudits fait rage: la montagne de la Bible où Moïse aurait reçu les Tables de la Loi est-elle le Djebel Moussa, la Montagne de Moïse (2 285 m), le Mont Catherine tout proche ou un tout autre sommet ? De toutes façons, vous pourrez y admirer l’un des plus fabuleux spectacles naturels du monde, à condition d’embarquer l’ascension juste après minuit: le lever du soleil au-dessus des montagnes. Il existe deux voies d’accès au sommet, les fameux Escaliers de Moïse ou, au nord du monastère, une piste pour chameaux passant au-delà de l’Amphithéâtre des Septante Anciens. A l’aube, si le temps est clair, vous pourrez apercevoir le golfe d’Aqaba. Habillez-vous chaudement et prévoyez peut-être un thermos de thé ou de café: il peut faire très froid dans le désert au sommet d’une montagne.

  

L’oasis de Ouadi Faran

La route à l’ouest de Sainte-Catherine emprunte le trajet que les Hébreux auraient suivi depuis la mer Rouge jusqu’au Mont Sinaï à travers la verte et fertile vallée de Faran. Le plus endurci des cyniques ne manquera pas d’apprécier au moins le paysage grandiose. En venant de Sainte-Catherine, repérez un tertre signalé sur le côté droit (est) de la route dit l’Autel d’Aaron, où le frère de Moïse aurait récolté l’or, l’argent et les pierreries des Hébreux pour en faire le Veau d’Or que le peuple se mit à adorer lorsqu’il crut que Moïse l’avait abandonné. Plus loin sur la route s’étend la plaine de Raha, identifiée au camp des Hébreux. A partir de là, la route se dirige vers le nord à travers un magnifique paysage rocailleux jusqu’à l’oasis de Ouadi Faran. Les terres sont couvertes de palmiers et d’acacias (dont le bois servit à construire l’Arche d’alliance).

  

Stations balnéaires de la côte orientale du Sinaï

Au nord de Charm el-Cheikh, le gouvernement égyptien et des promoteurs privés ont développé l’infrastructure mise en place dans les villages côtiers pendant l’occupation israélienne du Sinaï. Dahab, autrefois port de pêche somnolent, s’épanouit en une station balnéaire bien aménagée.Les excellentes possibilités de plongée avec ou sans tuba, de pêche ou de farniente sur la plage qu’elle offre rivalisent avec celles de Charm el-Cheikh. Nuweiba développe également ses attraits touristiques, se signalant en outre par ses bons restaurants de poisson.
A la frontière israélienne, Taba possède les palaces les plus modernes et des bungalows de plage. Au sud de la ville, dans la baie, on visitera sur l’île du Pharaon la forteresse du XIIe siècle du sultan Saladin, admirablement restaurée. Il est peu probable qu’un pharaon ait jamais habité l’île, mais celle-ci abrita un phare guidant les navires romains et byzantins. Auparavant, Salomon y avait fait construire des bateaux destinés au transport de l’or et des épices d’Ophira, aujourd’hui Charm el-Cheikh.

 

Eilat

Dans les grands hôtels de Taba, on peut obtenir des visas d’un jour pour se rendre en Israël visiter la station d’Eilat. A part les activités de plage, fort semblables à celles de Taba mais plus variées peut-être, l’attraction principale est l’Observatoire et Aquarium sous-marin. La tour d’observation fichée dans le récif de corail vous donne un merveilleux aperçu de la vie sous-marine. Sa situation unique à la pointe du golfe d’Aqaba (que les Israéliens appellent golfe d’Eilat) attire l’une des plus vastes concentrations de poissons exotiques du monde, qui flottent en toute liberté devant vos yeux.