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Assouan 

La cité la plus méridionale d'égypte a longtemps été le port d'entrée sur l'Afrique, donnant ainsi naissance à un commerce prospère sur la route des caravanes. Autrefois ville de garnison et ville-frontière, les Coptes la nommèrent "Souan" ("négoce"). La ville moderne s'étend sur la rive orientale du Nil, au nord de la première Cataracte. Le Nil y est superbe : vous pourrez le contempler de la Corniche, magnifique avenue en bordure de fleuve. L'île Eléphantine, anciennement Yebu, fut le lieu de culte de Khnum à tête de bélier, créateur de l'humanité et des cataractes du Nil, de son épouse Satis et de sa fille Anukis.

Autres sites à explorer : les trois jolis villages nubiens sur la côte est de l'île, le mausolée de l'Aga Khan, 48e imam de la secte islamique des Ismaïliens, le monastère de Saint-Siméon (Deir Amba Samaan), construit au VIIe siècle et très bien préservé. Le fameux barrage d'Assouan, long de 2,5 km, maintenant surpassé par le Grand Barrage, 6 km en amont, a irrémédiablement modifié la topographie de cette région, berceau de la culture nubienne. Le temple de Philae submergé au début du siècle après la construction du barrage d'Assouan (et que l'on visitait en canot) fut sauvé des eaux par l'Unesco à la fin des années 60. Entre 1972 et 1980, les ruines furent démontées pierre par pierre et reconstruit 20 m plus haut sur l'île voisine d'Agilika.

La garnison donna d’abord plus d’importance à l’île Eléphantine couverte de palmiers qu’à la ville. Son temple en ruine était dédié à Khnoum, gardien à tête de bélier des sources du Nil. Le musée expose d’antiques témoignages de conflits avec des troupes juives voulant construire là une synagogue au VIe siècle av. J.-C. et quelques béliers momifiés.
L’île Kitchener, offerte au maréchal britannique (1850-1916) du même nom pour ses exploits au Soudan, est un agréable et frais jardin peuplé d’essences et de plantes tropicales, avec un salon de thé pour les excursions de fin d’après-midi.

   

Le Mausolée de l'Agha Khan

Le mausolée de l'Agha Khan (au fond). Chef religieux suprême d'une secte musulmane ismaélienne, qui comprend environ 4 millions de fidèles, surtout du Pakistan, l'Agha Khan (1877-1957) désira être enterré en ce lieu où il séjournait chaque année

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Le Temple de Philae

L'île de Philae était vouée au culte d'Isis et d'Osiris, son époux. Le plus ancien édifice est le portique de Nectanebo Ier (XXXème dynastie, 378-360 av. J-C.). Furent ensuite construits, au fil des siècles: le grand temple d'Isis, avec ses pylônes monumentaux, le petit temple d'Athor et le kiosque de Trajan où accostaient les processions. Mis en chantier par les derniers pharaons, achevé par les empereurs romains. Philae est l'un des derniers temples  pharaoniques qui soit resté en activité. Le culte de la belle déesse, qui s'était répandu jusqu'en Méditerranée, y attirait encore au V ème siècle de notre ère des pèlerins de Nubie. Le 1er pylône du temple d'Isis est haut de 18 mètres, large de 37 mètres. Ses massifs sont décorés du tableau traditionnel du massacre des captifs, que le roi Ptolémée XII néos Dionysos, frère et époux de la célèbre Cléopâtre, exécute devant Isis, Hathor et Horus.
Grâce aux ingénieurs, les temples d’Isis sur l’île de Philae, furent sauvés de l’inondation provoquée par le barrage d’Assouan. Le sanctuaire actuel devrait plutôt s’appeler la nouvelle île de Philae, les temples n’étant plus à leur emplacement originel. Temples et pylônes embrassent six siècles, des derniers pharaons aux empereurs romains, en passant par les Ptolémées grecs. Isis fut incontestablement la plus vénérée des déesses égyptiennes et, comme le prouvent les inscriptions de Philae datant de 452 apr. J.-C., la dernière à résister aux interdits de la Rome christianisée.

  

Kiosque de Trajan

A l'intérieur du Kiosque de Trajan, sur un mur, l'empereur célèbre les rites d'offrandes devant Isis et Horus, d'une part, Isis et Osiris, de l'autre. On ne sait pas de façon certaine si le kiosque était un débarcadère, ou encore un reposoir où se déroulaient les cérémonies nécessaires pour qu'Isis puisse quitter son île et la retrouver